Yemaya

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Issue No.47
  • :0973-1164
  • :diciembre
  • :2014

Cette année constituera une étape importante pour les femmes de la pêche grâce à l’adoption des Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté. Elles donnent aux femmes l’occasion de se rassembler, de lutter pour leurs droits humains, d’accéder plus facilement à des moyens de subsistance, et plus équitablement au fruit de leur labeur dans ce secteur. Mais pour cela il sera indispensable de constituer des organisations de femmes, de renforcer leur efficacité.

Ce numéro de Yemaya tente de faire ressortir la complexité de l’environnement économique et social dans lequel les femmes de la pêche mènent leur combat. À partir d’exemples concernant le Kerala et le Gujarat en Inde, le Portugal en Europe, nous voyons bien que la mondialisation et la crise économique (à quoi s’ajoutent diverses interventions gouvernementales menées au nom de la modernisation) ont de profondes répercussions sur les communautés locales. Les femmes sont confrontées aux effets néfastes de ces évolutions, d’autant plus que leurs droits coutumiers pour l’accès à du poisson frais et à des lieux de travail sûrs et sécurisés sont de plus en plus grignotés. Elles connaissent aussi de nouvelles difficultés internes : certaines sont obligées d’abandonner leur activité traditionnelle et de chercher un emploi salarié, d’autres se lancent dans la vente du poisson faute d’avoir trouvé autre chose à faire. C’est dans ce contexte que les femmes de la pêche artisanale doivent mener leur combat pour maintenir leurs droits actuels et pour obtenir de nouveaux droits dans d’autres occupations auxquelles elles prétendent.

ASIE / INDE

Bateaux vides, camions remplis

Dans une petite localité du Kerala, la dynamique complexe de circuits de commercialisation en pleine évolution


Nalini Nayak (nalini.nayak@gmail.com), Membre de l’ICSF


Il y a quelques jours, je visitais le village de pêcheurs de Pallam, au sud de Trivandrum. C’est un secteur densément peuplé. Des poissonnières qui font partie de SEWA (Association des travailleuses indépendantes) m’avaient dit qu’elles étaient harcelées par des fish agents (intermédiaires, courtiers), qu’elles étaient sérieusement malmenées. Elles ajoutaient que, dans certaines zones, on ne laisse pas opérer ces gens car ils font venir du mauvais poisson. Au début, j’étais un peu perplexe parce que je ne comprenais pas pourquoi il existerait à Pallam des courtiers pour faire venir du poisson. Aux questions que je posais, on m’a répondu : « On voit bien que vous n’êtes pas passée par ici depuis longtemps. C’est pour ça que vous n’avez pas aperçu les centaines de camions qui arrivent chaque matin avec du poisson de tous les coins du pays ». J’avais occasionnelleme

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