Yemaya

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Issue No.47
  • :0973-1164
  • :diciembre
  • :2014

Cette année constituera une étape importante pour les femmes de la pêche grâce à l’adoption des Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté. Elles donnent aux femmes l’occasion de se rassembler, de lutter pour leurs droits humains, d’accéder plus facilement à des moyens de subsistance, et plus équitablement au fruit de leur labeur dans ce secteur. Mais pour cela il sera indispensable de constituer des organisations de femmes, de renforcer leur efficacité.

Ce numéro de Yemaya tente de faire ressortir la complexité de l’environnement économique et social dans lequel les femmes de la pêche mènent leur combat. À partir d’exemples concernant le Kerala et le Gujarat en Inde, le Portugal en Europe, nous voyons bien que la mondialisation et la crise économique (à quoi s’ajoutent diverses interventions gouvernementales menées au nom de la modernisation) ont de profondes répercussions sur les communautés locales. Les femmes sont confrontées aux effets néfastes de ces évolutions, d’autant plus que leurs droits coutumiers pour l’accès à du poisson frais et à des lieux de travail sûrs et sécurisés sont de plus en plus grignotés. Elles connaissent aussi de nouvelles difficultés internes : certaines sont obligées d’abandonner leur activité traditionnelle et de chercher un emploi salarié, d’autres se lancent dans la vente du poisson faute d’avoir trouvé autre chose à faire. C’est dans ce contexte que les femmes de la pêche artisanale doivent mener leur combat pour maintenir leurs droits actuels et pour obtenir de nouveaux droits dans d’autres occupations auxquelles elles prétendent.

PROFIL

La pêche est plus maigre à Bagamoyo—Mwanahawa et Kulthum

récolteuses d’ushimba (petites crevettes) en Tanzanie


Rosemarie N. Mwaipopo (ny_lila@yahoo.com), Membre de l’ICSF


Depuis toujours, Mwanahawa (41 ans) et Kulthum (22 ans) vivent à Bagamoyo, au nord-est de la Tanzanie. Dans cette région, il y a une grande variété d’espèces marines du fait de la diversité de ses écosystèmes : platiers sableux et vaseux, mangroves, récifs coralliens, plateformes rocheuses intertidales, herbiers et fonds d’algues, lagunes, estuaires.

Ces deux femmes vivent de la kutanda ushimba, c’est-à-dire la récolte de petites crevettes. On trouve cette crevette (Acetes sp.) sur les rives intérieures de l’océan Indien. Traditionnellement, cette activité n’est pas considérée comme de l’uvuvi (de la pêche) par les communautés du littoral : ici, la pêche c’est la pêche de capture, donc l’affaire des hommes. Pourtant il s’agit d’une pratique ancestrale, d’un moyen de subsistance accessible aux femmes de la côte. Il n’y a pas besoin d’

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