Yemaya

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Issue No.47
  • :0973-1164
  • :diciembre
  • :2014

Cette année constituera une étape importante pour les femmes de la pêche grâce à l’adoption des Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté. Elles donnent aux femmes l’occasion de se rassembler, de lutter pour leurs droits humains, d’accéder plus facilement à des moyens de subsistance, et plus équitablement au fruit de leur labeur dans ce secteur. Mais pour cela il sera indispensable de constituer des organisations de femmes, de renforcer leur efficacité.

Ce numéro de Yemaya tente de faire ressortir la complexité de l’environnement économique et social dans lequel les femmes de la pêche mènent leur combat. À partir d’exemples concernant le Kerala et le Gujarat en Inde, le Portugal en Europe, nous voyons bien que la mondialisation et la crise économique (à quoi s’ajoutent diverses interventions gouvernementales menées au nom de la modernisation) ont de profondes répercussions sur les communautés locales. Les femmes sont confrontées aux effets néfastes de ces évolutions, d’autant plus que leurs droits coutumiers pour l’accès à du poisson frais et à des lieux de travail sûrs et sécurisés sont de plus en plus grignotés. Elles connaissent aussi de nouvelles difficultés internes : certaines sont obligées d’abandonner leur activité traditionnelle et de chercher un emploi salarié, d’autres se lancent dans la vente du poisson faute d’avoir trouvé autre chose à faire. C’est dans ce contexte que les femmes de la pêche artisanale doivent mener leur combat pour maintenir leurs droits actuels et pour obtenir de nouveaux droits dans d’autres occupations auxquelles elles prétendent.

Q & R

Entretien avec Micheline Dion Somplehi, 39 ans, transformatrice et mareyeuse à Abidjan, responsable de l’Association des vendeuses de poisson fumé et frais d’Abobo-Doumé, coordinatrice du programme Femmes de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale


Katia Frangoudes (Katia.Frangoudes@univ-brest.fr), Membre de l’ICSF


Comment avez-vous commencé votre activité ?

Je suis d’une famille de pêcheurs d’Abidjan. Je me suis lancée dans la transformation du poisson parce que mes parents ne pouvaient pas payer mes études. J’ai donc quitté l’école en 2002 pour aider ma mère. Par la suite, j’ai commencé un petit commerce.  

Quelles sont les motivations de votre militantisme ?

Jusqu’en 2002, les transformatrices d’Abidjan travaillaient chacune de son côté. La plupart étaient des migrantes. Beaucoup avaient perdu leur mari à la guerre et devaient faire vivre la famille. J’ai décidé d’apporter mon aide pour organiser ces femmes. En 2010, nous avons créé une association de vendeuses et transformat

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