Yemaya

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Issue No.43
  • :0973-1164
  • :juillet
  • :2013

Que ce soit en Afrique du Sud, au Chili, en Ouganda ou en Inde, comme le montre ce numéro de Yemaya, les femmes de la pêche artisanale et à petite échelle sont confrontées à des difficultés croissantes dans leur vie quotidienne. Entre des gouvernements bureaucratiques et des marchés prédateurs, d’une part, des organisations professionnelles contrôlées par les hommes et la violence des quartiers et même du domicile, la vie peut devenir infernale pour la plupart d’entre elles. Ces femmes tiennent habituellement le coup grâce à leur force intérieure ou à l’entraide mutuelle ; mais pour qu’elles obtiennent justice et trouvent la place qu’elles méritent dans ce secteur et la société, il reste tellement à faire.

Q & R

Entretien avec Usha Tamore, de la Coopérative des vendeuses de poisson du district de Mumbai, Inde


Shuddhawati Peke (icsf@icsf.net), Associée au Programme de l’ICSF


Depuis combien de temps vendez-vous du poisson ?

Depuis trente ans. J’ai appris le métier avec ma mère. La journée commençait à 6h 30 : d’abord au marché de Crawford pour acheter le poisson aux grossistes, puis au marché de la Gare de Mahim jusqu’à midi, ensuite à l’école. Après l’école, j’aidais ma mère pour les tâches ménagères. Ma famille n’a pas pu continuer à payer les frais de scolarité et j’ai abandonné l’école pour devenir vendeuse à plein temps. Après mon mariage, nous nous sommes installés à Mahim.

Vous avez participé à l’affaire du marché de la Gare. Comment ?

En 1975, les vendeuses du marché de la Gare de Mahim ont été délogées par l’Administration pour construire l’Hôpital Pikale. Nous sommes descendues manifester dans la rue. La Municipalité a construit un autre marché, trop petit. Aujourd’hui, une centaine de femmes vendent dans la rue à côté