Yemaya

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Issue No.34
  • :0973-1164
  • :juine
  • :2010

Au moment où le présent numéro de Yemaya est imprimé, la fuite de pétrole sur le puits de la compagnie BP dans le golfe du Mexique continue à alimenter la marée noire qui touche les côtes des États-Unis, causant des dégâts sans précédent à l’environnement, à la vie marine. On mesure encore mal l’ampleur de cette catastrophe sur le plan écologique, social et économique. Cette marée noire nous rappelle malheureusement les multiples menaces qui pèsent sur la pêche et les communautés de pêcheurs. L’exploitation commerciale des océans, la surpêche, les évolutions technologiques, la concurrence pour l’occupation de l’espace littoral, la pollution et la destruction des habitats côtiers, autant de facteurs qui font sentir leurs effets sur les populations de pêcheurs à travers le monde. Ils frappent au coeur les communautés et les familles, déstabilisent les moyens de subsistance, modifient les rapports de force, la répartition du travail entre hommes et femmes, fragilisent la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés.

COMPTE-RENDU / BRÉSIL

Faire entendre leur voix

Les femmes de la pêche s’organisent pour que leur travail soit reconnu et que leurs droits soient respectés, et petit à petit le gouvernement est forcé d’écouter


Naina Pierri (naina@cem.ufpr.br), sociologue et professeure à l’Université fédérale du Paraná, Brésil, et Natália Tavares de Azevedo (nataliatavares@ufpr.br), étudiante en sociologie qui prépare un doctorat sur l’environment et le développement à l’Université fédérale du Paraná


Les femmes de la pêche du Brésil ont parcouru un bon bout de chemin. Le moment décisif dans leur histoire récente se situe en 1985 lorsqu’une colônia a élu à sa tête une présidente. Puis, en 1994, une autre femme a également été élue à la présidence d’une fédération de colônias dans un État. Une décennie plus tard, en 2006, l’Articulation nationale des femmes de la pêche du Brésil était créée : les femmes des pêcheries côtières et intérieures parvenaient à leur majorité.