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Issue No.40
  • :0973-1164
  • :juillet
  • :2012

Éditorial

Concernant les résultats de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui s’est tenue récemment, les opinions sont bien divisées. Les Nations Unies estiment que c’est un succès ; les mouvements de femmes, les ONG et autres structures représentatives de la société civile sont plus critiques et disent que cela n’a pas été un pas en avant mais plutôt deux pas en arrière. Du point de vue des femmes de la pêche, qu’est-ce qui est le plus proche de la vérité ?

Le Sommet de la Terre de 1992 à Rio avait débouché sur l’Agenda 21, un plan d’action pour le nouveau Millénaire. De cette conférence sont issues trois conventions : la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (qui a ensuite ouvert la voie au Protocole de Kyoto), la Convention sur la diversité biologique, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Le Sommet de la Terre a clairement reconnu le rôle essentiel tenu par les femmes en matière de gestion de l’environnement et de développement ; et l’Agenda 21 a énuméré un ensemble d’objectifs, d’activités et de moyens d’exécution pour que les gouvernements nationaux agissent en faveur d’une « intégration complète et effective des femmes, sur un pied d’égalité, à toutes les activités de développement ».

Vingt ans après cette première conférence de Rio, la paupérisation et l’injustice à travers le monde ont explosé. Pour une majorité de femmes, qui continuent à fournir un travail largement non reconnu afin d’entretenir familles, communautés et écosystèmes, c’est l’état de crise au quotidien. Vingt ans après, cette dure réalité est-elle sérieusement prise en compte par les décideurs politiques ? Beaucoup répondront Non.

Le thème de Rio+20 était le développement durable, et l’un des principaux domaines d’attention était l’économie verte. Partout dans le monde, les organisations féminines ont sérieusement critiqué ce concept à cause des solutions basées sur le marché qu’il préconise pour éradiquer la pauvreté et instaurer un développement durable. Il incarne aussi les priorités néo-libérales de grandes entreprises déterminées à monétiser tous les aspects de la vie. Le Document final de la Conférence intitulé L’avenir que nous voulons n’a guère pris soin d’inclure des principes et des engagements pourtant bien établis, tels que l’égalité entre les sexes, les droits génésiques et autres des femmes. Il omet aussi de fixer des objectifs, des calendriers et autres mécanismes de responsabilisation et d’exécution.

La vision des organisations de femmes, pour qui le développement durable est inséparable de l’égalité entre hommes et femmes, de l’équité et des droits humains, a trouvé bien peu d’écho dans ce document.

Sur une note plus optimiste, on citera quand même un résultat intéressant de Rio+20 : la création d’un forum politique intergouvernemental pour suivre la concrétisation des engagements pris en faveur du développement durable, et la constitution d’un groupe de travail qui devra en 2013 proposer un ensemble d’ODD (objectifs de développement durable) destinés à mettre en œuvre et à intégrer cette vision dans l’ensemble du système onusien.

Pour ce qui est de la pêche, Rio+20 reconnaît la contribution de ce secteur à la promotion du développement durable, reconnaît l’importance d’écosystèmes marins en bonne santé, d’une pêche et d’une aquaculture durables pour assurer la vie de millions de gens. Rio+20 a, sur ce chapitre, pris plusieurs nouveaux engagements dans le sens d’une conservation et d’une utilisation durables des ressources marines. Cela vient s’ajouter à la reconnaissance de la petite pêche artisanale par l’Agenda 21 et peut, dans cette mesure, justifier un optimisme prudent. Ceci dit, pour les femmes de la pêche, il reste encore à gagner la difficile bataille de la reconnaissance et de la valorisation de leur contribution spécifique à ce secteur.

Éditorial

Concernant les résultats de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui s’est tenue récemment, les opinions sont bien divisées. Les Nations Unies estiment que c’est un succès ; les mouvements de femmes, les ONG et autres structures représentatives de la société civile sont plus critiques et disent que cela n’a pas été un pas en avant mais plutôt deux pas en arrière. Du point de vue des femmes de la pêche, qu’est-ce qui est le plus proche de la vérité ?

Éditorial

Concernant les résultats de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui s’est tenue récemment, les opinions sont bien divisées. Les Nations Unies estiment que c’est un succès ; les mouvements de femmes, les ONG et autres structures représentatives de la société civile sont plus critiques et disent que cela n’a pas été un pas en avant mais plutôt deux pas en arrière. Du point de vue des femmes de la pêche, qu’est-ce qui est le plus proche de la vérité ?

Le Sommet de la Terre de 1992 à Rio avait débouché sur l’Agenda 21, un plan d’action pour le nouveau Millénaire. De cette conférence sont issues trois conventions : la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (qui a ensuite ouvert la voie au Protocole de Kyoto), la Convention sur la diversité biologique, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Le Sommet de la Terre a clairement reconnu le rôle essentiel tenu par les femmes en matière de gestion de l’environnement et de développement ; et l’Agenda 21 a énuméré un ensemble d’objectifs, d’activités et de moyens d’exécution pour que les gouvernements nationaux agissent en faveur d’une « intégration complète et effective des femmes, sur un pied d’égalité, à toutes les activités de développement ».

Vingt ans après cette première conférence de Rio, la paupérisation et l’injustice à travers le monde ont explosé. Pour une majorité de femmes, qui continuent à fournir un travail largement non reconnu afin d’entretenir familles, communautés et écosystèmes, c’est l’état de crise au quotidien. Vingt ans après, cette dure réalité est-elle sérieusement prise en compte par les décideurs politiques ? Beaucoup répondront Non.

Le thème de Rio+20 était le développement durable, et l’un des principaux domaines d’attention était l’économie verte. Partout dans le monde, les organisations féminines ont sérieusement critiqué ce concept à cause des solutions basées sur le marché qu’il préconise pour éradiquer la pauvreté et instaurer un développement durable. Il incarne aussi les priorités néo-libérales de grandes entreprises déterminées à monétiser tous les aspects de la vie. Le Document final de la Conférence intitulé L’avenir que nous voulons n’a guère pris soin d’inclure des principes et des engagements pourtant bien établis, tels que l’égalité entre les sexes, les droits génésiques et autres des femmes. Il omet aussi de fixer des objectifs, des calendriers et autres mécanismes de responsabilisation et d’exécution.

La vision des organisations de femmes, pour qui le développement durable est inséparable de l’égalité entre hommes et femmes, de l’équité et des droits humains, a trouvé bien peu d’écho dans ce document.

Sur une note plus optimiste, on citera quand même un résultat intéressant de Rio+20 : la création d’un forum politique intergouvernemental pour suivre la concrétisation des engagements pris en faveur du développement durable, et la constitution d’un groupe de travail qui devra en 2013 proposer un ensemble d’ODD (objectifs de développement durable) destinés à mettre en œuvre et à intégrer cette vision dans l’ensemble du système onusien.

Pour ce qui est de la pêche, Rio+20 reconnaît la contribution de ce secteur à la promotion du développement durable, reconnaît l’importance d’écosystèmes marins en bonne santé, d’une pêche et d’une aquaculture durables pour assurer la vie de millions de gens. Rio+20 a, sur ce chapitre, pris plusieurs nouveaux engagements dans le sens d’une conservation et d’une utilisation durables des ressources marines. Cela vient s’ajouter à la reconnaissance de la petite pêche artisanale par l’Agenda 21 et peut, dans cette mesure, justifier un optimisme prudent. Ceci dit, pour les femmes de la pêche, il reste encore à gagner la difficile bataille de la reconnaissance et de la valorisation de leur contribution spécifique à ce secteur.

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