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Issue No.22
  • :0973-1164
  • :septembre
  • :2006

Chères amies, chers amis,

Dans ce numéro, vous trouverez des articles venus du Chili, du Brésil, de Norvège, de l’Inde, et aussi des nouvelles sur des événements récents, des publications et des sites qui pourraient vous intéresser.

L’article du Brésil traite d’un problème qui prend de l’ampleur dans les communautés de pêcheurs un peu partout dans le monde. L’espace côtier est en effet de plus en plus revendiqué pour d’autres activités : tourisme, industrie, constructions immobilières, installations portuaires. Il raconte le combat des gens de Prainha do Canto Verde, au nord-est de l’Etat du Ceará, pour pouvoir rester dans leur environnement traditionnel sur le littoral. Contre eux, il y avait un promoteur immobilier qui tentait d’accaparer cet espace.

Des conflits de ce genre, il y en a de nombreux car les plages sont de plus en plus convoitées par l’industrie touristique et ceux qui investissent dans la pierre, même s’il faut chasser pour cela ceux qui étaient là depuis bien longtemps. Les communautés locales ont souvent beaucoup de mal à se défendre contre des projets derrière lesquels il y a des gens riches et puissants. D’autant plus qu’elles sont fréquemment dépourvues de titres de propriété en bonne et due forme, même si elles jouissent d’un droit d’usage traditionnel dans les lieux depuis des générations. Si les pêcheurs sont obligés de déguerpir, ils perdent inévitablement leurs moyens d’existence qui nécessitent la proximité du rivage. Il est évident que, pour pouvoir vivre comme d’habitude, les communautés de pêcheurs doivent être près de la mer.

AMÉRIQUE LATINE / BRÉSIL

Une victoire historique

En mars 2006, le Tribunal Supérieur de Justice a reconnu les droits des gens de Prainha do Canto Verde sur leur terre


par René Schärer, de l’Institut Terramar, Brésil, membre de l’ICSF


Prainha do Canto Verde est une petite localité de pêcheurs située dans l’Etat du Ceará, au nord-est du Brésil. Elle a été fondée dans les années 1870, peu après l’abolition de l’esclavage, par des gens de villages voisins, essentiellement des esclaves libérés venus de plantations de canne à sucre. On y vit principalement de la pêche et on utilise des jangadas (radeaux à voile) qui accostent sur la plage. Il n’y a pas de port à Prainha.

Le calme des lieux a été interrompu en 1976 quand Antônio Sales Magalhães, spécialisé dans l’acquisition de plages, est apparu dans le voisinage et a acheté à douze familles des lots s’étendant des dunes, derrière le village, jusqu’au rivage. Au bout d’un an et demi, il avait obtenu 749 hectares au prix de 1 cent US le mètre carré. Les familles de pêcheurs qui vivaient pr

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