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Issue No.29
  • :0973-1164
  • :novembre
  • :2008

Lors de l’Atelier de la société civile qui s’est tenu à Bangkok du 11 au 13 octobre dernier, juste avant la Conférence mondiale sur la pêche artisanale qui s’est déroulée du 13 au 17 octobre (voir www4ssf.org), l’un des participants a dit : « Si la pêche artisanale elle-même est menacée d’extinction, comme on peut le constater notamment dans les pays du Nord, à quoi bon chercher à protéger la place des femmes dans la pêche ? Cherchons à protéger d’abord ce secteur d’activité : s’il n’existe plus, à quoi bon parler du rôle de ces femmes ? » Mais ils étaient nombreux à penser autrement : la lutte pour la reconnaissance de l’apport des femmes à la pêche artisanale fait intrinsèquement partie de la lutte pour la défense de la pêche artisanale. Les deux vont ensemble ; ce n’est pas une chose ou l’autre ; ce n’est pas une chose après l’autre. Car, selon la division sexuelle du travail qui prévalait traditionnellement dans les communautés de petits pêcheurs, c’est l’homme qui prend le poisson certes, mais c’est la femme qui valorise la production en traitant le poisson et en le vendant. Et c’est ainsi qu’arrivait l’argent dans ces communautés. La famille et la communauté fonctionnaient comme des unités de production, et les bénéfices de la pêche revenaient à la communauté. Puis les choses ont évolué : les opérations sont plus centralisées, le matériel mis en oeuvre est plus important, on s’industrialise. Du coup, la place des femmes se réduit rapidement. Dans bon nombre de pays du Sud, elles ont du mal à obtenir du poisson et doivent se contenter souvent du bas de gamme. Ayant perdu leurs occupations traditionnelles, elles se font embaucher dans les ports et les sites de débarquement, à trier du poisson-déchet, à décortiquer des crevettes ou pour d’autres tâches semblables mal payées.

ÉDITORIAL

Lors de l’Atelier de la société civile qui s’est tenu à Bangkok du 11 au 13 octobre dernier, juste avant la Conférence mondiale sur la pêche artisanale qui s’est déroulée du 13 au 17 octobre (voir www.4ssf.org), l’un des participants a dit : « Si la pêche artisanale elle-même est menacée d’extinction, comme on peut le constater notamment dans les pays du Nord, à quoi bon chercher à protéger la place des femmes dans la pêche ? Cherchons à protéger d’abord ce secteur d’activité : s’il n’existe plus, à quoi bon parler du rôle de ces femmes ? »

Mais ils étaient nombreux à penser autrement : la lutte pour la reconnaissance de l’apport des femmes à la pêche artisanale fait intrinsèquement partie de la lutte pour la défense de la pêche artisanale. Les deux vont ensemble ; ce n’est pas une chose ou l’autre ; ce n’est pas une chose après l’autre. Car, selon la division sexuelle du travail qui prévalait traditionnellement dans les communautés de petits pêcheurs, c’est l’homme qui prend le poisson certes, mais c’est la femme qui valorise la production en traitant le poisson et en le vendant. Et c’est ainsi qu’arrivait l’argent dans c